Développement durable
Les toilettes sèches, c’est d’abord une triple économie :
- C’est économiser des dizaines de millions de litres d’eau par an, eau généralement potable et de plus en plus rare,
- C’est réduire considérablement les obligations de traitement d’un effluent liquide pollué et dangereux pour l’environnement,
- C’est ne plus avoir l’obligation de se connecter aux réseaux, obligation qui peut être extrêmement coûteuse en site isolé.
Les toilettes sèches, comme l’agriculture biologique, les énergies renouvelables ou l’éco construction des habitations plongent leurs racines dans des savoirs très anciens et mobilisent des moyens technologiques extrêmement modernes.
Ainsi, nous sommes partis en Afrique au Mali (à Mopti dans le delta intérieur du fleuve Niger), mais aussi au Yemen (à Sanaa, puis dans l’Hadramahout) afin d’étudier des dispositifs traditionnels remarquables : Des toilettes sèches en ville (et même dans des immeubles de plusieurs dizaines de mètres de hauteur) basées sur le principe de la séparation des urines et des matières fécales, toilettes sèches permettant de supprimer les nuisances (pas d’odeurs ni de mouches en dépit de la chaleur) et de maîtriser le risque sanitaire (pas de dispersion des germes pathogènes) l’ensemble ne nécessitant que très peu d’intervention de maintenance (1 fois tous les 5 à 10 ans !).
Mais, les toilettes sèches, c’est aussi une technologie ouvrant des perspectives extrêmement intéressantes sur le plan agronomique :
- D’une part, en transformant les matières fécales et les papiers toilette en humus,
- D’autre part, en rendant possible la récupération des nutriments (azote, phosphore, potassium) principalement concentré dans les urines. Dès maintenant, les Suédois (mais aussi les Allemands) collectent les urines chez les particuliers équipés de toilettes sèches procédant par séparation des urines et des matières fécales et les valorisent sur le plan agronomique (ainsi, près de Stockholm, une collectivité comparable à une communauté de communes française collecte depuis quelques années de l’ordre de 250 000 litres par an d’urines humaine et les apporte chez un agriculteur qui les épand dans ses champs).
Des organismes comme EAWAG (Centre de Recherche Suisse sur l’eau, installé près de Zurich) travaillent sur des technologies permettant d’extraire le phosphore et l’azote des urines humaines. Ces recherches sont principalement motivées par le fait que le phosphore est une ressource minière qui devrait être épuisée dans une centaine d’années et par le fait qu’une des principales sources de phosphore est les urines animales (donc aussi humaines).
Dans ce contexte, Écosphère Technologies a repris des recherches qui ont été initiées par des chimistes français vers la fin XIXe siècle, chimistes qui extrayaient déjà le phosphore des urines des parisiens (il n’y avait pas encore de « tout à l’égout » et les excréments des parisiens étaient stockés dans des fosses étanches). L’objectif de ces chimistes était de fabriquer de la poudre à canon à partir de ce phosphore renouvelable de manière à ne pas dépendre du phosphore importé par voie maritime, en cas de guerre avec l’Allemagne.